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Brief (007-01716)

Prague, Krakauergasse 11,

le 1er novembre 1880.

Cher ami,

J’apprends que vous venez de demander des mes nouvelles à mon ami & collègue M. Klebs.[1] Ne craignez rien. J’ai fait à tous les égards un excellent voyage. D’abord je vous dirai que j’ai soigné vos commandes. Le Camoens de Juromenha[2] et l’Histoire de la littérature port. de Braga[3] sont emballés avec les nombreux ouvrages que j’ai acheté à Lisbonne. Je les ai expédiés par Hambourg et je les attends dans le courant de la semaine: Vous recevrez en même temps la note que vous voudrez bien payer à un libraire de Paris ou à Niemeyer à Halle.

ǀ2ǀ J’aimerais vous donner une ample relation de mon séjour en Portugal, mais je n’aime pas à écrire et je suis en ce moment excessivement pressé. Au reste si je ne le fais pas par écrit, vous aurez tôt ou tard mes récits.

Après avoir lu plusieurs manuscrits à la Bibliothèque nationale de Lisbonne et réuni un grand nombre de notes relatives à l’ancien portugais, j’ai fait un voyage d’environ trois semaines dans l’Algarve. Encore aujourd’hui il est permis d’affirmer que le portugais n’a pas de dialectes. La langue parlée à Lisbonne est à peu de différences près la langue de tout le royaume. Les divergences sont beaucoup plutôt dans l’accent général, dans l’intonation que dans les mots étudiés individuellement. Pour le glossaire il y aurait en revanche beaucoup à recueillir, mais c’est une étude qui ne se peut faire que quand on dispose de beaucoup de loisir.

ǀ3ǀ J’ai vécu presque toujours avec le peuple à Tavire, Olhão, Faro, Portimão et Monchique,[4] avec des gens qui ne savent ni lire ni écrire & qui en conséquence ne pouvaient parler une langue falsifiée. C’est à Monchique qu’il serait le plus profitable de faire des études linguistiques. Ce village situé au milieu des montagnes avait jusqu’à naguères peu de communications avec la plaine. Il serait recommendable encore par son délicieux climat et sa végétation enchanteresse ainsi que par ses charmantes jeunes filles, renommées au loin & au large. Vous avez commis un grave oubli lors de votre voyage en Portugal. Vous eussiez pu courir de jolies aventures. Dernièrement encore un jeune homme de Lisbonne a pris le large avec une demoiselle de l’endroit.

ǀ4ǀ A la fin du mois de septembre j’ai assisté aux séances du congrès anthropologique[5] où les Portugais ont présenté des travaux très intéressants.

Les philologues port. Coelho, Vasconcellos Abreu, Consiglieri Pedroso & Gonçalves Vianna[6] ont fort contribué à me rendre mon dernier séjour en Portugal encore plus agréable que le premier. Coelho s’occupe aujourd’hui beaucoup de langues celtiques sur lesquelles il prépare d’importants travaux. Consiglieri Pedroso étudie les contes et les usages port. avec tous les moyens que la science met à sa disposition. Gonçalves Vianna n’a rien publié jusqu’à ce jour, mais s’il le voulait, il pourrait nous donner d’excellents travaux sur le port. moderne, dont il connaît tous les secrets.

J’ai quitté Lisbonne il y a eu vendredi huit jours & suis revenu par Badajoz, Ciudad Real, Barcelone, le midi de la France, la Suisse et la Bavière. Depuis hier je regrette à Prague le beau ciel de Lisbonne.

Votre bien dévoué

Cornu



[1] Erwin Klebs (1834-1913), Mediziner und Psychologe, der an zahlreichen deutschen, schweizerischen, österreichischen und nordamerikanischen Universitäten lehrte – in Prag war er von 1873-1882; vgl. HSA 05576. – In seinem Haus lernte Cornu seine spätere Frau kennen, wie diese am 27.12.1923 an Schuchardt schreibt (HSA 01945): „Es ist meine Überzeugung, dass zwischen den Menschen geheimnisvolle Bande bestehen, die uns von Zeit zu Zeit zum Bewusstsein kommen; oft wenn wir es am wenigsten erwarten. Ein Freund unserer Familie, Professor Edwin Klebs, in dessen Hause in Prag ich Migo kennen lernte, sprach mir sehr eindrucksvoll darüber. Aus dem Munde eines freidenkenden Mediziners klang mir das wunderbar genug“. Diese Begegnung muss unmittelbar nach der Portugalreise erfolgt sein (Ende 1880 / Anfang 1881).

[2] Vgl. Brief 01713.

[3] Vgl. Brief 01713.

[4] Tavira (Algarve), Olhão (Stadt an der sog. Sand-Algarve, Sotavento), Faro (Algarve), Portimão (Hafenstadt der südportug. Algarve), Monchique (Städtchen am Nordrand der Algarve).

[5] IX Congresso internacional de Antropologia e Arqueologia pré-históricas (Lisboa, 1880).

[6] Francisco Adolfo Coelho, Guilherme de Vasconcellos Abreu, Zophimo Consiglieri Pedroso, Gonçalves Vianna.