Senden hat offenbar funktioniert, aber es wird noch ein Bestätigungsmail verschickt, sobald die Änderungen angekommen sind.
Es hat etwas nicht funktioniert. Bitte den Inhalt in Word (o.Ä.) kopieren und per Mail schicken.

Brief (005-01714)

Prague, le 8 juin 1880.

Cher ami,

Vous pouvez fort bien garder les deux volumes jusqu’au 26 courant, vous pouvez même, s’ils vous servent encore, les garder jusqu’à mon retour du Portugal dans le courant du mois d’octobre. Mais ne me les renvoyez pas pendant mes vacances qui, grâces au congé qui m’a été accordé par le Ministère, commenceront déjà le 27 de ce mois.

Si vous vous occupez de langue & de littérature portugaise, je suis bien certain que nous vivrons ensemble dans l’harmonie bien connue des premiers chrétiens. Vous n’êtes allemand que de nom, bien que vous ayez écrit le Vocalisme. Or il est plus aisé de vivre en paix avec dix Français, avec dix Italiens, qu’avec deux ou trois philologues de pur sang germanique. Vous n’avez qu’à comparer le ton qui règne dans la Romania et le Giornale di filologia romanza & celui de la Zeitschrift für rom. Philologie et des Rom. Studien.

ǀ2ǀ Vous vous procurerez les œuvres d’histoire littéraire de Braga à meilleur compte en Portugal qu’ici. Mais il faudrait que vous eussiez des relations directes avec un libraire du pays. Vous pouvez les avoir aussi à un prix modique chez la veuve Aillaud, Guillard et Cie, 47. rue Saint-André-des-Arts, à Paris.[1] Le Camoens de Juromenha, qui compte jusqu’à ce jour 6 volumes & qui en aura 7 une fois l’édition achevée, ne me paraît d’un prix exorbitant. Chez Aillaud chaque volume coûte 10 francs, à Lisbonne, si j’ai bonne souvenance 7 à 8 francs. Les nombreuses remarques qui accompagnent le texte ont surtout un intérêt historique & littéraire.

Les ouvrages de João de Deos dont je vous ai parlé sont en effet des livres d’école. Ce sont la Cartilha maternal ou arte de leitura[2] et le Diccionario prosodico de Portugal e Brasil.[3] Mais on y trouve des indications sur la prononciation du portugais moderne plus complètes que partout ailleurs. Le Dictionnaire de Moraes (dernière édition soignée en partie par Coelho)[4] marque aussi les voyelles ouvertes & les voyelles fermées. Dans les nombreux ouvrages ǀ3ǀ publiés sur l’orthographe portugaise il y a ici & là de précieuses observations à recueillir. Vous en trouverez une liste assez complète dans le Diccionario bibliographico portuguez de Innocencio Francisco da Silva[5] à l’article P. João de Moraes Madureira Feijo, tome III. – Je cherche moi-même à réunir petit à petit tout ce que les grammairiens port. ont écrit sur la prononciation. Mon voyage, je l’espère, me permettra de glaner à pleines mains.

Je finis par une demande. M’étant beaucoup occupé dans les derniers [jours / mois ?] de votre vocalisme,[6] je vous serais fort obligé si vous me permettiez de publier un index plus commode que celui que vous avez à la fin du troisième volume. Il est évident que je serais fort satisfait de suivre vos conseils en entreprenant ce travail. Si Förster avait lu complètement votre vocalisme,[7] il n’aurait pas omis de citer ce que vous dites dans le 1er vol., p. 469. Encore une question. Comment expliquez-vous les graphies que vous avez rassemblées II, p. 37-43? doleum au lieu de dolium offre-t-il une graphie inverse ou une forme dialectale?

Tout à vous

Cornu.



[1] Es handelte sich um eine auf portugiesische Werke spezialisierte Buchhandlung, und die Wwe. Aillaud rühmte sich, den Kg. von Portugal wie den Kaiser von Brasilien zu beliefern.

[2] Publicada pelo seu amigo Candido J. A. de Madureira, Porto-Lisboa: Imp. nacional, 1878.

[3] Antonio José Carvalho e João de Deus, Lisboa, Rio de Janeiro, 1878.

[4] Antonio de Moraes Silva, Diccionário da lingua portugueza, 7a edição melhorada, e muito accrescentada com grande numero de termos novos usados no Brazil e no Portuguez da India, Lisboa: typ. J. G. de Souza Neves, 1877-1878, 2 Bde.

[5] Innocencio Francisco da Silva, Diccionario bibliográphico portuguez, Lissabon 1867, 8 Bde. + Suppl.

[6] Schuchardt, Der Vokalismus des Vulgärlateins, Leipzig: Teubner, 1866-1868, 3 Bde.

[7] Wendelin Foerster, „Beiträge zur romanischen Lautlehre“, ZrP 3, 1879, 487.