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Brief (11-7478)

Cher Monsieur,

Je suis de retour ici pour reprendre les cours du 2e semestre: Meyer1 était suffisamment rétabli pour n’avoir plus besoin de moi. Je vous envoie les notes bibliographiques de la langue franque et parler nègre dans la littérature espagnole du XVI et XVIIe s., particulièrement dans le théâtre. La plupart des pièces indiquées se trouvent dans la collection Rivadeneyra; quant aux autres textes indiqués, si vous ne pouvez pas vous procurer les livres, je vous copierai les passages. Renvoyez-moi alors la liste de ce que vous désirez.

J’ai lu avec le plaisir et le profit que vous pouvez penser votre article sur les Cantes flamencos2. En ce qui concerne germana ou plutôt german, je nepuis croire; malgré le rapprochement de flamenco, que ce mot soit pour allemand: 1° parce que germano ne s’emploie pas en Espagne au XVIe et XVIIe s. (hors les livres des érudits); on dit aleman ou plus souvent tudesco. parce qu’originairement german à Seville désigne non pas un gitane mais un rufian, un compagnon de la kampa. Dans la Relacion de la carcel de Sevilla (Ensayo de Gallardo, t. I, f. col. 1341 et suiv.) jerman est donné comme synonyme de rufo (col. 1343), comme synonyme de prisonnier sérieux, d’âge, par opposition aux picaros qui sont les domestiques (col. 1349).

- Je note que le plus est jermanes, non pas jermanos (v. col.1348 cantares jermanes).

En un mot, je crois que german signifie «confrère, compagnon» et germania «confrérie»; cf. les Germanias de Valence, qui sont bien étrangères au gitanisme

Bien à vous Alf. Morelfatio 9 rue Levacher

Alger, 27 avril 1883


[1] Paul Meyer (1840-1917), der ebenfalls mit Schuchardt korrespondierte, war Morel-Fatios Lehrer und Vorgänger am Collège de France. Meyer erkrankte früh schwer und war zeitweise auf Morel-Fatios Unterstützung angewiesen.

[2] Schuchardt, Hugo 1881. 'Die Cantes Flamencos'. In Zeitschrift für romanische Philologie 5, 249-322. (Archiv-/Breviernummer 125)