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Brief (02-03085)

Saint Denis (Réunion)
Le 14 Avril 1885

Monsieur,

Je suis fort en retard envers vous: Un peu de maladie, et beaucoup de spleen, l’achèvement d’un travail ennuyeux – le recueil des Lois en vigueur à La Réunion – voilà mon ou plutôt mes excuses.

Je ne veux pas, cependant, laisser partir le courrier sans vous accuser réception de votre dernière et bienveillante lettre.

Je remets au mois prochain pour vous parler de la différence existant entre le patois de l’île Maurice et celui de l’île de la Réunion, qui faisait l’objet d’un des paragraphes de votre dernière communication.

Je serais très heureux d’avoir, en votre qualité de linguiste emérite, votre opinion à cet égard et de savoir si mes conjectures peuvent être prises pour des vérités.

En attendant je vous adresse un article d’un de mes compatriotes, Mr. Cerisier.1 Vous verrez, Monsieur, que tant en émettant de judicieuses réflexions sur le patois de son pays, il est en contradiction avec lui-même, en ce qui concerne l’orthographe à suivre pour rendre les expressions de ce même patois.

C’est ainsi qu’il écrit le mot langage comme il doit être prononcé en créole, soit langaze et qu’il écrit celui de pade façon à me le faire prononcer en français soit pays.

Voila une double preuve (donc il importe essentiellement d’écrire les mots du créole selon qu’on les prononce).

Veuillez croire, Monsieur, à ma haute estimation et mes sentiments bien dévoués
V. Focard

Mille excuses pour le pâté qui se montre ci-dessus avec une sale complaisance.


[1] Charles Cerisier war wie Volcy Focard Mitglied der Société des Sciences et Arts von Réunion. In der Jahresschrift von 1886/1887 wird er als membre correspondant in Französisch-Guayana geführt (Bulletin de la Société des Sciences et Arts de l’île de la Réunion 1887, année 1886: 8). Welcher Artikel von Cerisier hier gemeint ist, bleibt unklar; eine kreolistische Arbeit unmittelbar philologischer oder linguistischer Ausrichtung von ihm ist bisher nicht bekannt. Mit Cerisier hatte Schuchardt 1882 bereits persönlich korrespondiert, es liegen zwei Briefe vor (Nr. 01583 und 01584; vgl. Wolf 1993: 135).