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Albert Sechehaye

Die Korrespondenz zwischen Albert Sechehaye und Hugo Schuchardt wurde von Anne-Marguerite Fryba und Pierre Swiggers bearbeitet, kommentiert und eingeleitet.

Die Edition bzw. einzelne Briefe sind zu zitieren als:

Fryba-Reber, Anne-Marguerite / Swiggers, Pierre. 2018. «La correspondance Albert Sechehaye – Hugo Schuchardt (1909-1926)». In Bernhard Hurch (Hg.) (2007-). Hugo Schuchardt Archiv. Webedition verfügbar unter http://schuchardt.uni-graz.at/id/letters/2714, abgerufen am 25.05.2020

Eine vollständig bearbeitete und kommentierte Printveröffentlichung findet sich in:
Fryba-Reber, Anne-Marguerite / Swiggers, Pierre. 2018. «Autour ‘Principes de la linguistique’. La correspondance Albert Sechehaye – Hugo Schuchardt (1909-1926)». In Vox Romanica 76 (2017), 1-23.


Albert Sechehaye

Bedeutung

Nähere Informationen zu Sechehaye finden sich im Romanistenlexikon.

LA CORRESPONDANCE ALBERT SECHEHAYE – HUGO SCHUCHARDT (1909‒1926)

par Anne-Marguerite Fryba-Reber et Pierre Swiggers[1]

   

Introduction à l’édition de la correspondance

 

            Ce dossier contient l’édition de la correspondance échangée entre Hugo Schuchardt (1842–1927) et Albert Sechehaye (1870–1946)[2]. Cette correspondance entre le linguiste genevois Sechehaye et le « maître de Graz », telle qu’elle a été conservée à Graz et à Berne, comporte 11 lettres (9 lettres de Sechehaye à Schuchardt, 2 lettres de Schuchardt à Sechehaye). L’échange épistolaire s’étend sur les années 1909–1926 ; la correspondance semble avoir démarré en 1909[3], en rapport avec la lecture de Programme et méthodes de la linguistique[4] par Schuchardt, qui, reconnaissant l’intérêt de cet ouvrage innovateur[5], a dû envoyer un tiré à part d’une de ses publications[6] à Sechehaye, geste auquel celui-ci a répondu par l’envoi de son article « La stylistique et la linguistique théorique » [7]. Cette même lettre nous apprend aussi que Schuchardt aurait félicité Sechehaye de la façon dont il avait esquissé une théorie du changement phonétique[8] et lui aurait annoncé d’autres commentaires : « c’est avec le plus grand plaisir que je lirai vos observations plus détaillées sur cette partie de mon livre comme sur le reste », écrit Sechehaye. Peut-être Schuchardt avait-il annoncé à Sechehaye son intention de publier un compte rendu de son ouvrage[9]. À cette lettre de Sechehaye fait suite une carte[10] de Schuchardt, envoyée de Graz, après son retour de Brioni. Cette lettre [= 1*] nous apprend que Schuchardt n’avait pas avancé beaucoup dans sa lecture de l’ouvrage de Sechehaye ; d’autre part, cette lettre nous informe sur les attaches de Schuchardt avec la Suisse[11] ainsi que sur ses contacts avec des savants suisses[12]. Rappelons à ce propos que la publication du Hugo Schuchardt-Brevier (Spitzer ed. 1922, deuxième édition 1928) a été rendue possible par de généreuses souscriptions de la part de linguistes suisses.


Coup d’œil sur le contenu de la correspondance

 

            La première lettre [= 1] de Sechehaye nous offre un témoignage d’auto-appréciation et d’explicitation après-coup : Sechehaye non seulement reconnaît certaines faiblesses de son ouvrage, mais il précise aussi l’enjeu de l’ouvrage : celui de fournir une systématisation[13] des (sous-) disciplines linguistiques. En fait, Sechehaye parle de « sciences » à la fois pour le plan englobant (sciences linguistiques) et pour les branches (sciences des sons, sciences des formes). C’est à partir de cette volonté d’expliciter et de justifier son positionnement épistémologique très ambitieux – à savoir, celui d’assigner sa (juste) place à la linguistique dans « la science » – qu’il faut comprendre aussi la réaction de Sechehaye par rapport à l’envoi de Schuchardt (1909) : Sechehaye relève, sans ambages, la différence qui le sépare de Schuchardt en ce qui concerne la dimension explicative, ou étiologique[14], en linguistique historique et il en profite pour énoncer son propre point de vue, plus « collectiviste » et plus (socio-)culturel : « ne convient-il pas de considérer en première ligne les faits d’ordre intellectuel et moral qui eux en dernière analyse sont toujours des sommes ou des résultats d’initiatives individuelles ? »[15].

            Sans doute Schuchardt a-t-il apprécié ce début d’échange d’idées sur des questions d’étiologie linguistique, mais on observera que les deuxième et troisième lettres de Sechehaye à Schuchardt datent de 1920 et 1921 : il n’y a pas de lettres conservées pour la période 1910–1919, ce qui peut s’expliquer par la non-conservation de missives et/ou par une interruption dans l’échange épistolaire. Dans les années de la Grande Guerre Schuchardt a, semble-t-il, entretenu peu de contacts avec ses correspondants genevois francophones[16]. Dans ces deux lettres de 1920 et 1921 (= [2] et [3]) il est question de deux articles de Schuchardt que Sechehaye avait reçus : « Sprachursprung III »[17] et « Exkurs zu Sprachursprung III »[18], deux textes qui abordent un problème de linguistique générale, en rapport avec l’ontogénèse du langage humain. Sechehaye marque son accord fondamental avec Schuchardt : de son côté, il informe son correspondant de Graz de travaux parus ou à paraître[19].

            L’envoi de publications de la part de Schuchardt à Sechehaye a continué, comme en témoignent les missives de Sechehaye du 28 novembre 1921 [= 4] (dans laquelle il remercie Schuchardt pour l’envoi d’un article)[20] et du 18 novembre 1922, où il est question de l’article de Schuchardt sur les relations dans la phrase[21]. Dans cette lettre [= 5] de novembre 1922, Sechehaye annonce son « grand travail en préparation » – l’Essai sur la structure logique de la phrase – et signale qu’il n’est pas toujours d’accord avec le point de vue de Schuchardt sur l’organisation de la phrase, sans expliciter les points de désaccord[22] : pour cela, un « exposé d’ensemble » serait nécessaire, « où tout se tient », formule à résonance saussurienne[23].

            Plus de trois années séparent cette lettre de novembre 1922 des suivantes. Le 20 janvier 1926 Sechehaye remercie Schuchardt pour l’envoi de son « manifeste » : il ne peut s’agir que de « Der Individualismus in der Sprachforschung »[24], testament intellectuel du maître de Graz. Sechehaye lui promet l’envoi de son livre de parution imminente – il s’agit toujours de l’Essai sur la structure logique de la phrase – qui est, à sa façon, une manifestation d’individualisme linguistique. Ce n’est qu’en juin 1926, très précisément le 12 juin, que Sechehaye reçoit enfin les exemplaires d’auteur de son livre dont il envoie aussitôt un exemplaire à titre gracieux à Schuchardt, qui figure, à côté de Meillet, Bally et Jespersen, parmi les personnes à qui il a tenu à rendre hommage (cf. lettre [8], datée du 12 juin)[25]. Schuchardt y a répondu par une longue lettre [8*] – d’une écriture assez pénible – dans laquelle le maître de Graz discute de « principes de la linguistique » (Prinzipien der Sprachwissenschaft). Schuchardt y affirme sa conception foncièrement « dialogale » et polémisante de l’activité scientifique : « Wir sollen voneinander lernen und gerade im Grundsätzlichen wird dies am Ehesten geschehen : ich wenigstens freue mich wenn ich auf widerstreitende Ansichten stosse, ich werde dadurch gefördert »[26]. À la fin de sa lettre, Schuchardt annonce l’envoi imminent d’un mémoire académique que Schuchardt avait envoyé à l’Académie de Berlin (le mémoire fut présenté à la séance du 3 juin 1926) ; il doit s’agir du texte « Sprachverwandtschaft II », que Sechehaye a reçu comme tirage à part (cf. annexe : « Publications de Schuchardt reçues par Sechehaye », n° 8). Dans ce travail, Schuchardt pose le problème du rapport entre le social et l’individuel, et de l’importance à accorder aux deux versants. Il s’y prononce contre la théorie de Durkheim qui accorde à la contrainte sociale un rôle déterminant dans la vie du langage au détriment de l’imitation et de la créativité individuelle. Soulignant l’importance décisive de la force créatrice individuelle (« der schöpferische Trieb »), Schuchardt (1926: 149) conclut qu’il y a, dans la vie du langage, une symbiose constante entre l’accommodation à la société (= convergence) et la volonté de différenciation (= divergence). Comme le remarque Sechehaye dans sa réponse (lettre [9]), Schuchardt a touché là au « nœud du débat »[27]. Dans une publication du début des années trente, Sechehaye a tenté de démêler l’écheveau du rapport « organique » de l’individuel et du social dans la langue[28].

            C’est avec cette lettre que se termine l’échange épistolaire entre Sechehaye et Schuchardt. Ce dernier meurt le 21 avril 1927.

            La lettre [7] est un document particulièrement important. Dans cette lettre du 12 février 1926, le linguiste genevois fournit des informations sur son ascendance familiale, du côté paternel. On y apprend que la branche Sechehaye avait des racines lorraines et avait dû s’exiler, en Suisse et en Allemagne, à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, à la suite de la persécution des huguenots[29]. Sechehaye parle aussi du pensionnat « Sechehaye-Colibert », jadis exploité par des parents lointains ; apparemment, la mère[30] de Hugo Schuchardt avait connu cette institution[31]. En passant, Sechehaye parle aussi de son père, Jean François[32].

            Ce qui augmente l’intérêt de cette lettre du 12 février 1926, c’est la mention de la famille de Saussure. Schuchardt, qui avait recensé le Cours de linguistique générale, semble avoir eu un vague souvenir d’une rencontre avec le jeune Ferdinand de Saussure à Gotha (d’où Schuchardt était originaire), autour de 1876–1878[33]. Étant incapable de fournir une réponse précise à la demande de Schuchardt, Sechehaye s’est adressé à un des fils de Ferdinand de Saussure, le psychanalyste Raymond de Saussure[34].



[1] Nous tenons à remercier M. le Prof. Bernhard Hurch et ses collaborateurs (Hugo Schuchardt-Archiv, Universität Graz) pour leur aide amicale, et nous exprimons notre gratitude à Bernhard Hurch, ainsi qu’aux anciens responsables de la « Manuskriptabteilung » de la bibliothèque universitaire de Graz (Dr. Hans Zotter et Dr. Walter Slaje) et à Dr. Michaela Wolf, pour l’aimable accueil et pour l’autorisation de publier des documents du Schuchardt-Nachlass. Pour une présentation récente de l’importance du réseau épistolaire autour de Schuchardt, on consultera Swiggers (2017).

[2] Sur Albert Sechehaye, voir Fryba-Reber (1994).

[3] La première lettre conservée de Sechehaye à Schuchardt, datée du 7 novembre 1909, fait mention d’une carte (postale) envoyée par Schuchardt depuis Brioni.

[4] Sechehaye (1908a). Rappelons que cet ouvrage comporte une dédicace à Ferdinand de Saussure, qui a dû attirer l’attention de Schuchardt sur l’apport de Saussure comme théoricien (Sechehaye 1908a : v). Saussure est mentionné encore (Sechehaye 1908a : 123) pour sa distinction terminologique entre phonologie (= phonétique statique) et phonétique (= phonétique évolutive ou historique). Saussure avait l’idée de rédiger un compte rendu ou commentaire de ce travail, mais ce projet est resté inachevé ; on trouve le texte de l’ébauche de ce compte rendu dans le CLG/E (Engler ed. 1968-74: fragment 3330).

[5] Signalons que dans Programme et méthodes de la linguistique il n’y a aucun renvoi aux publications de Schuchardt.

[6] Il s’agit vraisemblablement de « Sprachgeschichtliche Werte » (Schuchardt 1909). De cette publication, Schuchardt a fait imprimer des exemplaires séparés (Graz, « im Selbstverlag des Verfassers », 18 p.).

[7] Sechehaye (1908b) ; ce travail est, comme le dit Sechehaye lui-même, une reprise, avec quelques remaniements, d’une partie de son livre Programme et méthodes de la linguistique (Sechehaye 1908a).

[8] Cette théorie du changement phonétique est exposée dans le chapitre 13 de Programme et méthodes de la linguistique : « Emboîtement de la phonétique dans la morphologie évolutive » (Sechehaye 1908a : 161-214).

[9] Cf. le passage à la fin de la lettre: « La pensée que vous aviez été un lecteur bienveillant de mon livre et que vous aurez sans doute l’occasion d’exprimer votre opinion à ce sujet m’a poussé à le faire, et votre amabilité à mon endroit m’y a décidé ».

[10] La carte, conservée à Berne en attendant d’être remise aux archives Schuchardt à Graz, contient en haut une photo (en format réduit) de la « Villa Malwine », maison que Schuchardt avait fait construire en 1905‒1906 à Graz (Johann-Fux-Gasse 30) et à laquelle il avait donné le prénom de sa mère.

[11] Du côté maternel, Schuchardt avait des attaches avec la famille Bridel : il mentionne le nom de son grand-oncle, le « Doyen Bridel », à savoir Philippe-Sirice Bridel (1757–1845), historien et homme de lettres, et pasteur successivement à Bâle, Château-d’Oex, Montreux et Lausanne-Vevey. Le Doyen Bridel fut un grand folkloriste et dialectologue, qui a récolté des matériaux sur le suisse romand (son ouvrage Glossaire du patois romand fut publié, après sa mort, en 1860, par Louis Favrat). Cf. Fryba-Reber (2013 : 209-210). Schuchardt s’est exprimé à plusieurs reprises sur ses racines « franco-suisses ». Cf. à ce propos Schuchardt (1925 : 8), Storost (1992 : 89) et Fryba (2002 : 104-107 et 2013 : 70, n.20 et 264, n.290).

[12] Il est notamment question du romaniste Eugène Ritter (1836–1928) avec qui Hugo Schuchardt a entretenu une correspondance de 1875 à 1900 (cf. notre édition dans les Mélanges Frank-Rutger Hausmann, sous presse).

[13] Dans Programme et méthodes de la linguistique, Sechehaye propose une classification des disciplines linguistiques en utilisant deux principes : le principe de l’emboîtement et le principe de subordination.

[14] Sechehaye (1908a : 201) lui-même utilise le terme d’étiologie : « L’étiologie des évolutions phonétiques régulières nous apparaît comme excessivement complexe et très difficile à déterminer d’une façon satisfaisante dans chaque cas particulier, et cependant parfaitement claire et rationnelle dans ses principaux facteurs ».

[15] Cf. lettre [1].

[16] Les quelques lettres de Charles Bally à Schuchardt de 1916 et 1917 sont en rapport avec le compte rendu du Cours de linguistique générale (Schuchardt 1917). Notons aussi qu’il n’y a pas de lettres conservées de Georges Antoine Bridel (de Lausanne) à Schuchardt entre 1912 et 1916 (la correspondance, entamée en 1898, ne compte qu’une lettre pour l’année 1917 ; elle reprend en 1920). Du romaniste zurichois Ernest Bovet, il y a 6 lettres envoyées à Schuchardt en 1915, mais ensuite la correspondance ne reprend qu’en 1919 ; la correspondance avec Karl Jaberg et avec Louis Gauchat se fait également rare dans les années 1914–1918. Ce n’est qu’avec Jakob Jud que Schuchardt semble avoir maintenu une correspondance suivie dans les années 1914–1918. Cf. Heinimann 1972 et 1992.

[17] Il s’agit de Schuchardt (1919).

[18] Ce complément au texte de 1919 a été publié en 1921 : Schuchardt (1921a).

[19] Il s’agit des articles « Les deux types de phrase » (Sechehaye 1920) et « Locutions et composés » (Sechehaye 1921). Dans un post-scriptum, Sechehaye mentionne un « travail déjà ancien », qu’il communique à Schuchardt ; il peut s’agir d’un des deux articles « Les règles de la grammaire et la vie du langage» (Sechehaye 1914) et « La méthode constructive en syntaxe » (Sechehaye 1916) ou éventuellement de la présentation des thèses saussuriennes dans « Les problèmes de la langue à la lumière d’une théorie nouvelle » (Sechehaye 1917).

[20] Selon nous, il s’agit de « Possessivisch und passivisch » (Schuchardt 1921b), texte dans lequel Schuchardt traite de sa conception du (caractère actif et passif du) transitif, en s’opposant à la conception de F. N. Finck.

[21] Il s’agit de « Sprachliche Beziehung » (Schuchardt 1922) ; ce texte est présenté par Schuchardt (1922 : 199 n.1) comme le sixième d’une série de travaux « glottogoniques », qui comprend, dans l’ordre chronologique, cinq publications précédentes : « Sprachursprung I » (Schuchardt 1919a), « Sprachursprung II » (Schuchardt 1919b), « Sprachursprung III » (Schuchardt 1920a), « Exkurs zu Sprachursprung III » (Schuchardt 1921a), « Possessivisch und passivisch » (Schuchardt 1921b). Dans « Sprachliche Beziehung », Schuchardt traite de l’origine de la phrase à un membre (eingliedrig) et de la phrase à deux membres (zweigliedrig) et de l’expression de rapports entre les mots d’une phrase ; dans ce texte, il entre en discussion avec Wilhelm Wundt et Alfredo Trombetti.

[22] Cf. lettre [5]. Dans son exemplaire de « Sprachliche Beziehung », Sechehaye a souligné, à la page 206 (c’est la première phrase de la conclusion), le passage suivant que nous reproduisons en italique : « Im gegenwärtigen Aufsatz habe ich noch mehr als in den vorangehenden mich auf Andeutungen und Anregungen beschränken müssen und auch wollen ; manches wird ja erst durch Einwände anderer für gründliche Ausführung reif » (italiques nôtres).

[23] Sur l’historique de cette formule attribuée à Meillet, cf. Koerner (1973 : 231, 240), Brogyanyi (1983), Toman (1987), Hewson (1990), Peeters (1990), Koerner (1996-97, 1998). Relevons l’utilisation de la formule dans le compte rendu que le philosophe et psychologue Pierre Bovet a fait du CLG et où il est question de changement linguistique : « Qu’un changement soit apporté quelque part à cet organisme, il aura sur les autres parties du système en équilibre des répercussions que l’on n’aurait pas soupçonnées d’abord ; tout se tient, tout est lié » (Bovet 1916-1917 : 307). Le texte de Bovet est réimprimé dans Sofia – Swiggers (2018).

[24] Ce travail (Schuchardt 1925) a paru dans les Sitzungsberichte de l’Académie de Vienne (en décembre 1925) ; Sechehaye fait une allusion directe au titre de ce texte en présentant son livre à paraître comme une manifestation d’individualisme linguiste [sic].

[25] Les Imprimeries Monce à Reims ont reporté de plusieurs mois la parution du livre. D’après un brouillon manuscrit daté du 12 juin 1926 et adressé à M. Champion, Sechehaye accuse réception des exemplaires de son livre : « L’un d’eux a été remis à la Société qui m’a subventionné, 4 autres ont été envoyés avec dédicaces à des personnes auxquelles je devais cet hommage, M. Meillet, M. Bally, M. le Prof. Schuchardt (Graz) et M. O Jespersen ».

[26] Cf. lettre [8*] ; voir aussi la nette affirmation dans Schuchardt (1921b : 662).

[27] Débat engagé dès le début des échanges épistolaires entre Schuchardt et Sechehaye ; cf. lettre [1].

[28] Le terme organique figure dans le titre de Sechehaye (1933).

[29] La branche genevoise des Sechehaye s’installe dans la ville de Calvin en 1689 et obtiendra la bourgeoisie de la ville en 1770 (Fryba-Reber 1994 : 189).

[30] Malwina von Bridel-Brideri (1815–1899).

[31] Dans sa thèse portant sur l’éducation et l’instruction à Genève autour de 1830, Mützenberg répertorie les institutions consacrées à l’éducation des jeunes filles, au nombre desquelles figure le pensionnat des demoiselles Sechehaye-Colibert, situé à l’époque dans la vieille ville de Genève (très précisément à la rue des Chanoines devenue entretemps rue Calvin): « Les demoiselles [Esther] Séchehaye et Elizabeth Colibert, de Paris, dirigent l’éducation, à la rue des Chanoines, de 7 jeunes filles en 1828, de 16 en 1834 et de 9 en 1843 » (Mützenberg 1974 : 233).

[32] Jean François Sechehaye (1841–1931) fut le cofondateur, en 1872, de la régie « Pilet-Bouvier & Sechehaye ». Il a signé le rapport du Président de la Société des régisseurs genevois en 1893-1894. Nous devons ces renseignements à l’amabilité de M. Claude Pilet de la régie Pilet-Renaud qui a généreusement mis à notre disposition des documents concernant la fondation de la régie.

[33] Ferdinand de Saussure a passé quatre mois et demi à Berlin (de novembre 1878 à début avril 1979). C’est à la fin de ce séjour (le 28 mars 1879) qu’eut lieu la rencontre avec Whitney chez l’indianiste et celtisant Heinrich Friedrich Zimmer. Cf. Joseph (1988, 2012 : 253-256).

[34] Sur Raymond de Saussure (1894–1971), voir Joseph (2012: 636-641).

Informationen

Index des noms de personne mentionnés dans la correspondance Sechehaye - Schuchardt

     

Amiel, Henri-Frédéric                        [1*]

Blanvalet, Henri                                  [1*]

Bouvier, Bernard                                [3]

Bridel, Philippe-Sirice                        [1*]

Colibert, Élisabeth (« Mlle »)           [7]

Finck, Franz Nikolaus                       [8*]

Hornung, Joseph-Marc                      [1*]

Naunyn, Bernhard                              [8*]

Pictet, Adolphe                                   [1*]

Ritter, Eugène                                      [1*]

Saussure, Ferdinand de                     [1], [[1*], [7]

Saussure, Raymond de                      [7]

Schuchardt, («Madame»[1] )              [7]

Sechehaye (famille ­‒)                        [7]

Sechehaye, Marie (« dame »[2])         [7]

Sechehaye, Jean François                  [7]

Sechehaye, Esther (« Mlle »[3])          [7]

Suchier, Hermann                              [7]

     


[1] Nom de fille : Malwina von Bridel-Brideri.

[2] Il s’agit de la grand-mère de l’arrière-grand-père de Hermann Suchier. Cf. supra n. 55.

[3] Il s’agit d’une grand-tante du père d’Albert Sechehaye. Cf. supra n. 42.


Publications de Schuchardt reçues par Sechehaye  

Comme le révèle notre édition de la correspondance entre Schuchardt et Sechehaye, les deux savants ont échangé un certain nombre de publications. La bibliothèque de Sechehaye ayant été en grande partie dispersée et vendue du vivant de sa veuve, il est difficile de reconstituer avec certitude le nombre de tirés à part que Sechehaye a reçus de Schuchardt. Il reste cependant une trace de ces publications reçues[1] dont nous donnons ci-après la liste en indiquant les numéros correspondants de l’édition en ligne des œuvres de Schuchardt (Hugo Schuchardt-Archiv / Werk) et en reproduisant, le cas échéant, les annotations de Sechehaye.

 

1. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 664-666 : « Zur methodischen Erforschung der Sprachverwandtschaft II ». Revue Basque 8. 1914, 1-8.

Cet article est le dernier de trois articles reliés par une couverture en carton souple sur laquelle figure le nom de la revue « Revue Basque 1914 » et une dédicace de l’auteur : « Mit bestem Dank und Gruss HSch. ».

Sur la troisième de couverture figurent les remarques suivantes au crayon de la main de Sechehaye :

« On a toujours l’intention de parler une certaine langue, donc Meillet a raison. Seulement la pratique ici brouille comme partout les données de la théorie linguistique. Entre un nègre qui mêle sa langue de mots français et un nègre qui veut parler français, mais qui incapable de saisir la grammaire de cette langue la ramène intuitivement à ses normes, à sa ‘innere form’ usuelle, il n’y a pas grande différence.

En matière de faits concrets, il n’y a pas de règles, il y a des cas divers. »

 

2. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 711 : « Sprachursprung I ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1919. 1919, 716-720.

Ce tiré à part de la bibliothèque Jules Ronjat[2] porte le cachet « Bibliothèque Alb. Sechehaye ».

 

3. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 712 : « Sprachursprung II ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1919. 1919, 863-869.

Il y a deux exemplaires de ce tiré à part : l’un ayant appartenu à Jules Ronjat, l’autre à Albert Sechehaye.

 

4. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 726 : « Sprachursprung III (Prädikat, Subjekt, Objekt) ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1920. 1920, 448-462.

 

5. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 741 : « Exkurs zu Sprachursprung III ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1921. 1921, 194-207.

Au verso de la page de couverture, Sechehaye a griffonné la note suivante :

« Entre la langue et la réalité il y a la Weltanschauung c.à.d. l’interprétation de la réalité par la langue.

La réalité est toujours active et passive en même temps – on peut voir

A ⟶ B

ou A ⟵B.

Discussion sur le Passivismus et l’Activismus des langues ».

p. 200, 12 lignes à partir du bas, dans la marge :

« je le vois pendre = il pend qchose = il pend (comme un pendu) = on le pend. pendit, pendet, penditur ».

 

6. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 743 : « Possessivisch und passivisch ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1921. 1921, 651-662.


7. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 751a : « Sprachliche Beziehung ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1922. 1922, 199-209.

p. 203, l. 10-11 du haut: « sur la perception insuffisante du passif et de l’actif (l’indifférence psychologique) ».

p. 203, l. 4-5 du bas: « à utiliser peut-être pour le verbe impersonnel ».

p. 204, l. 4-14 du haut: « à mettre en note ».


8. Hugo Schuchardt-Archiv / Werk Nr. 767a : « Sprachverwandschaft II ». Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften 1926. Sitzung der philosophisch-historischen Klasse vom 3. Juni. 1926, 148-152.

L’exemplaire du tiré à part envoyé à Sechehaye comporte une correction manuscrite qui n’a pas été reportée sur l’exemplaire (basé sur la seconde épreuve de fin juin 1926 : « 2. Berichtigungsabzug 22.6.26 B ») mis en ligne par le Hugo Schuchardt-Archiv : la correction concerne la forme genealosieren (p. 151, ligne 10), corrigée manuellement en genealogisieren.


[1] Ces tirés à part sont conservés dans un fonds privé à Berne.

[2] Pour la correspondance Schuchardt – Ronjat, voir Thomas (2017).



Gegenbriefe


Briefedition und Kommentare

Dans notre transcription des lettres de Sechehaye et de Schuchardt nous respectons la graphie originale des auteurs ainsi que leur emploi d’abréviations (les résolutions des abréviations sont données en note). Signalons encore que l’orthographe de Sechehaye est peu soignée (cf. aussi sa collation des notes d’étudiants du Cours de linguistique générale de Saussure dans Sofia 2015) : souvent, les accents, les apostrophes et les signes de ponctuation attendus font défaut. Parfois, les signes diacritiques sont à peine visibles.


Références

AA.VV. 1908 : Mélanges de linguistique offerts à M. Ferdinand de Saussure, Paris

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