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Camille Chabaneau

Die Korrespondenz zwischen Camille Chabaneau und Hugo Schuchardt wurde von Pierre Swiggers bearbeitet, kommentiert und eingeleitet.

Die Edition bzw. einzelne Briefe sind zu zitieren als:

Swiggers, Pierre. 2014. 'Die Korrespondenz zwischen Camille Chabaneau und Hugo Schuchardt'. In Bernhard Hurch (Hg.) (2007-). Hugo Schuchardt Archiv. Webedition verfügbar unter http://schuchardt.uni-graz.at/id/letters/1289, abgerufen am 16.10.2019

Die Briefe von Chabaneau an Schuchardt wurden uns freundlicherweise aus folgender Veröffentlichung zur Verfügung gestellt:

Swiggers, Pierre. 2010. 'Affinités entre romanistes : lettres de Camille Chabaneau à Hugo Schuchardt'. In Revue des Langues Romanes 114: 217-228.

Camille Chabaneau

Bedeutung

Le Schuchardt-Nachlass, conservé à la bibliothèque universitaire de Graz[1], héberge une correspondance de plus de 12 000 lettres envoyées au célèbre romaniste allemand, professeur à Graz, qui fut à son époque un des plus brillants représentants d’une linguistique générale aux perspectives les plus vastes[2]. Parmi les correspondants de Schuchardt (1842-1927) figurent les grands noms de la linguistique générale, tels que Jean Baudouin de Courtenay, Antoine Meillet, Otto Jespersen, de la philologie germanique, comme Hermann Paul et Ludwig Tobler, et de la linguistique romane, de Friedrich Diez à Walther von Wartburg, en passant par Gaston Paris, Paul Meyer, Wilhelm Meyer-Lübke et Jules Gilliéron[3].

Schuchardt, qui s’est illustré par de remarquables études étymologiques dans le domaine roman[4], a entretenu une correspondance assidue avec des romanistes actifs dans les différents domaines: ibéro-roman, gallo-roman, italo-roman et balkano-roman. Philologue aux intérêts prioritairement linguistiques, Schuchardt fut aussi un très bon connaisseur des littératures romanes. Parmi celles-ci, la littérature occitane, médiévale et moderne, fut un de ses champs de prédilection, et Schuchardt suivait de près le mouvement félibre[5].

Le réseau de contacts occitanistes que Schuchardt s’était construit comprenait, outre Frédéric Mistral[6], un certain nombre de philologues occitans, parmi lesquels Camille Chabaneau[7], à qui Schuchardt a envoyé des lettres et des travaux scientifiques. Dans le sens opposé, il y a quatre missives de Chabaneau adressées à Schuchardt qui ont été conservées. Nous les publions ici, à cause de leur intérêt historique.

Les quatre missives de Chabaneau nous informent en premier lieu sur l’affection que portait chacun des deux correspondants à sa mère[8]. Les deux célibataires Chabaneau et Schuchardt, hommes voués à leur travail scientifique, avaient aussi en commun un penchant névralgique. Tout comme Schuchardt se complaisait dans ses baisses mentales, il semble que Chabaneau ait été victime de détresses psycho-physiques et de dépressions. La première lettre publiée ici nous apprend que Chabaneau, ayant été malade, n’a pu répondre directement à une requête de Schuchardt (il se peut d’ailleurs que la requête venant de Schuchardt constitue le début de la correspondance entre les deux philologues). Dans la seconde lettre, Chabaneau s’excuse de son «trop long silence», dû à une période de «triste état d’esprit». Chabaneau parle ouvertement de son état mental dans la troisième lettre: «Quant à moi je vais toujours passablement, non sans ressentir de temps en temps quelque malaise, et souffrant surtout de voir souffrir ma mère, sur qui pèsent bien lourdement ses quatre-vingt-douze ans».

Ces informations personnelles témoignent d’une connivence «psychologique»[9] entre les deux romanistes; elles contrastent avec les motifs plutôt «officiels» des lettres. En effet, les première et troisième lettres concernent les rapports de Schuchardt avec la Société pour l’Étude des Langues romanes[10]. La première lettre est une réponse à un message de Schuchardt, dans lequel celui-ci a dû s’informer sur la possibilité de faire parvenir (ou faire suivre) son courrier à l’adresse de la Société, pendant qu’il séjournerait dans le Midi de la France[11]. Chabaneau, à la suite du président de la Société, Jules Stier, a répondu favorablement à cette demande et dans sa lettre il s’offre comme personne (et adresse) de référence. La troisième lettre concerne la souscription de Schuchardt – ou plutôt le non-paiement de sa souscription – à la Revue des Langues Romanes. Suite à une lettre de Schuchardt, et après avoir contacté le trésorier de la Société[12], Chabaneau informe son correspondant de Graz qu’il lui reste à payer sa souscription des années 1890 et 1891.

Le document n° 4 est une recommandation[13], écrite sur une carte de visite, dont Schuchardt a dû se servir lors d’un passage à Carcassonne. Chabaneau s’y adresse expressément à son confrère Achille Mir[14], pour que celui-ci s’occupe de Schuchardt. Ce document nous informe sur la «sympathie» qu’avait Schuchardt à l’égard du mouvement du Félibrige.

Quant à la seconde lettre, celle-ci constitue un acte de remerciement pour l’envoi d’un livre[15] par Schuchardt à Chabaneau. Nous ne savons pas si les deux philologues ont régulièrement échangé leurs publications[16]; il est toutefois légitime de supposer que Schuchardt connaissait bien les travaux[17] de Chabaneau et que, d’autre part, Chabaneau suivait avec intérêt les recherches étymologiques[18] de Schuchardt dans le domaine roman.

[1] Nous tenons à remercier Dr. Hans Zotter, Dr. Walter Slaje, Mag. Thomas Csanády et Dr. Michaela Wolf de nous avoir donné accès au Schuchardt-Nachlass conservé à la Bibliothèque Universitaire de Graz (Manuskriptabteilung) et de nous avoir donné la permission de publier la correspondance avec Camille Chabaneau. Les lettres de Chabaneau sont cataloguées sous les nos 01603-01606 dans Wolf (1993: 136).

[2] Schuchardt a envisagé tous les problèmes fondamentaux de la linguistique historique et descriptive: glottogenèse, la nature du changement linguistique, la question du contact et du mélange des langues, la diversification des langues, la classification des langues (parenté et typologie), le rapport entre grammaire et lexique, etc. Sur la carrière de Schuchardt et sur ses conceptions en linguistique générale, voir Swiggers (1989, 2000a,b).

[3] Nous avons déjà édité une partie de cette correspondance (pour des références bibliographiques, voir les notes et la bibliographie dans Swiggers 2000a); l’édition de la correspondance avec Meillet, Jespersen et Gilliéron est en préparation. Pour une vue d’ensemble de la correspondance de Schuchardt, voir le catalogue de Wolf (1993) [cf. notre compte rendu: Swiggers (1994)].

[4] La plupart de ces (brèves) études étymologiques ont paru dans la Zeitschrift für romanische Philologie ou dans la Romania; deux recueils de notes ont paru dans les Sitzungsberichte de l’Académie de Vienne (Schuchardt 1897, 1899) [cf. note 18]. En ce qui concerne le positionnement théorique de Schuchardt en matière d’étymologie (romane), voir Swiggers (1990a; exploite la correspondance avec Mario Roques à propos de l’opposition entre une orientation «sémantique» et une orientation «phonétique» dans la démarche étymologique), Swiggers (1990b; échanges entre Schuchardt et von Wartburg en ce qui concerne les objectifs et l’agencement d’un dictionnaire étymologique gallo-roman) et Swiggers (1991; à propos des divergences de vues entre Antoine Thomas et Hugo Schuchardt, entre autres en ce qui concerne l’étymologie de trouver).

[5] En 1887, Schuchardt a participé à la grande fête annuelle du Félibrige. À cette occasion, il publia une pièce de circonstance dans Les Tablettes d’Alais: «Au félibre Albert Arnavielle, en responso à sa graciouso pouësio». Cf. aussi le document n° 4 publié ici.

[6] La correspondance Schuchardt/Mistral sera publiée séparément.

[7] Camille Chabaneau (4 mars 1831, Nontron - 21 juillet 1908, Nontron) fut d’abord commis surnuméraire à Auch (1864), receveur des postes et contrôleur à Angoulême (1865-1871), contrôleur des postes à Cognac (1872-1878), avant de devenir professeur à l’université de Montpellier (en 1878); sur sa carrière universitaire, voir AN. (1906) et Petit (1985). Il compte parmi les principaux occitanistes du 19e siècle; cf. les Mélanges Chabaneau (1907), qui s’ouvrent par une lettre de Frédéric Mistral en hommage à Chabaneau. Voir aussi Monfrin (1988: 269) en ce qui concerne les rapports entre Chabaneau et Paul Meyer. Parmi ses publications linguistiques, il faut mentionner sa Grammaire limousine (1876), qui reste un ouvrage de référence et son Histoire et théorie de la conjugaison française (1868); parmi ses travaux philologiques, signalons son édition du Cartulaire du Consulat de Limoges (1895), ses remarques philologiques sur le Livre des privilèges de Manosque (édition par Isnard), ses notes sur le Roman d’Arles (1889), et son édition du Roman de Saint Fanuel (1888). Cf. Petit (1985: 113) pour un relevé des éditions, et un bref commentaire: «Dans la plupart des cas Chabaneau présente de l’inédit qu’il exhume des sources d’archives et cela avec une gourmandise et un savoir philologique étonnants. Sa parfaite connaissance de la langue d’Oc ancienne et moderne lui donne une supériorité remarquable sur les autres chercheurs de son temps. Dans le cas de rééditions […] il apporte un appareillage critique, une lecture et un classement des textes qui renouvellent totalement les perspectives de l’histoire littéraire. Travail énorme en vérité que ne peut dissimuler une aisance d’écriture, elle aussi assez rare».

Chabaneau reçut plusieurs distinctions: Officier de l’Instruction Publique (1889), Chevalier de la Légion d’honneur (1895), docteur honoris causa de l’université de Halle (1895). Sur la figure de Chabaneau et son importance pour les études occitanes à Montpellier, voir Anglade (1908), Petit (1985: 108-117), Martel (1988: 248-250) et Thomas (2006: 129-130).

[8] Un témoignage intéressant est fourni par la notice nécrologique que la Revue des Langues Romanes a publiée à l’occasion de la mort de la mère de Chabaneau. Nous en reproduisons ici le texte: «Notre cher secrétaire général, M. Chabaneau, vient d’avoir la douleur de perdre sa mère. Ceux-là, seuls, qui ont pénétré dans son intimité, savent quelle grande place Mme Chabaneau occupait dans la vie de son fils, de quelle sollicitude touchante, de quels soins affectueux il l’entourait à tous les instants. La santé de Mme Chabaneau était déjà fort ébranlée quand elle vint à Montpellier en 1878, et sa conservation jusqu’à un âge aussi avancé a été un véritable miracle de la tendresse filiale. Tous les collègues de M. Chabaneau à la Société des Langues romanes s’associeront à ses amis de Montpellier pour lui apporter la consolation de leur sympathie. Le deuil de notre maître, de notre ami, nous empêche de nous réjouir comme nous l’aurions voulu de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Bien qu’elle ne soit que la juste récompense de son enseignement si autorisé et de ses travaux si originaux, et si personnels, les membres de la Société des Langues romanes se sentent honorés par la distinction dont viennent d’être l’objet les études qui lui sont chères, et celui qui, presque depuis l’origine, est l’âme, – et l’honneur, – de leur Société» (Revue des Langues Romanes 39 (1896), 47-48; texte non signé). Rappelons ici que Chabaneau avait dédié sa Grammaire limousine à sa mère. L’article de Petit (1985), où est citée la correspondance entre Camille Chabaneau et sa sœur Pauline (décédée en 1859), fournit des éléments d’information sur l’état psychique de Chabaneau.

[9] Voir aussi les vœux formulés par Chabaneau dans la troisième lettre.

[10] La Société pour l’Étude des Langues Romanes fut fondée en 1869. L’histoire de la Société reste à écrire et un gros travail est à réaliser sur les Archives de la Société.

[11] En 1887, Schuchardt a voyagé à travers le sud de la France et dans le pays basque (où il a rassemblé une importante documentation sur l’histoire de la langue et de la littérature basques).

[12] Il s’agit de Louis Lambert, qui a fourni plusieurs contributions à la Revue des Langues Romanes à propos de chansons et contes populaires (cf. tomes 2, 3, 27, 28, 29, 31, 32, 47, 51, 53, 54, 55); cf. Lambert (1905).

[13] Ce document n’est pas daté; il pourrait remonter aussi à 1887 et se rapporter au voyage que Schuchardt fit cette année-là en terre occitane (cf. lettre [1] et note 11).

[14] Achille Mir, écrivain carcassonnais, fut une des grandes figures du Félibrige qui a fourni régulièrement des pièces à la Revue des Langues Romanes dans ses vingt premières années (L’agnèl e lou bouche; La liçou; L’iver; Cansoun batismalo; Ratapoun ou lou rat predicaire; Lou reinard e la cigogne). Cf. Martel (1988: 249): «Mais l’originalité foncière de la Revue à cette date réside dans la place accordée à la création littéraire: Mistral, Aubanel, Achille Mir, Albert Arnavielle, Alexandre Langlade, Louis Roumieux, Félix Gras: ce sont les plus grands noms du Félibrige – et pas seulement du Félibrige languedocien qui collaborent ainsi à la revue, à travers leurs poèmes». Au cours des années 1890 Achille Mir fournira à la Revue des Langues Romanes une série de contes audois. Il fut aussi l’auteur d’une contribution ethnolinguistique, publiée en livraisons dans la Revue: «Glossaire des comparaisons populaires du Narbonnais et du Carcassez» (dans les tomes 18, 19, 20, 21, 22 et 23). Rappelons que Chabaneau était majoral du Félibrige (il fut élu en 1876) et cigalo de Nontron.

[15] Vu la date, il doit s’agir de Schuchardt (1886), un recueil d’études linguistiques et littéraires.

[16] On aimerait avoir plus d’informations sur la suite des relations entre Chabaneau et Schuchardt. Il est frappant par exemple que le nom de Schuchardt ne figure ni parmi les membres du comité préparatoire ni parmi les contributeurs ou souscripteurs des Mélanges Chabaneau (1907). Les Mélanges Chabaneau furent une initiative franco-allemande; leur publication dut beaucoup aux efforts de Wendelin Foerster et de Karl Vollmüller.

[17] Non seulement son Histoire et théorie de la conjugaison française et sa Grammaire limousine, mais aussi ses contributions à l’Histoire générale de Languedoc (par ex. Chabaneau 1885a, b).

[18] Les deux tomes de Romanische Etymologieen de Schuchardt (1897, 1899) furent recensés dans la Revue des Langues Romanes par Maurice Grammont (t. 42, p. 564-565 et t. 44, p. 181-186). Grammont y fit aussi le compte rendu de deux brochures de Schuchardt: Ueber die Klassifikation der romanischen Mundarten (t. 43, p. 474-475) et H. Schuchardt an A. Mussafia (t. 48, p. 375-378). Signalons que, à la même époque, Jules Ronjat fit la recension de deux textes de Schuchardt sur le problème de la langue internationale et sur le basque (t. 47, p. 303; t. 50, p. 554).

Briefedition und Kommentare

Die Webedition wurde unter Mitarbeit von Katrin Purgay erstellt.

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