Albert Arnavielle

Die Korrespondenz zwischen Albert Arnavielle und Hugo Schuchardt wurde von Luca Melchior bearbeitet, kommentiert und eingeleitet.

Die Edition bzw. einzelne Briefe sind zu zitieren als:

Melchior, Luca. 2014. 'Deux lettres d'Albert Arnavielle à Hugo Schuchardt'. In Bernhard Hurch (Hg.) (2007-). Hugo Schuchardt Archiv. Webedition verfügbar unter: http://schuchardt.uni-graz.at/id/letters/1051, abgerufen am 18.08.2017

Albert Arnavielle

Bedeutung

Albert Arnavielle (occitan: Albèrt Arnavièlha), dit «l’Arabi» (Alès 1844-Montpellier 1927), fut une importante figure du mouvement culturel, politique et littéraire du Félibrige, dont il fut félibre majoral, c’est-à-dire membre du consistoire formé par les cinquante félibres les plus actifs «qui ont le plus contribué à la renaissance du Gai-Savoir» (ainsi dans l’article 5 des Statuts du Félibrige de l’année 1876, cité d’après Jourdanne 1897: 74). Poète et journaliste – il collabora par exemple à l’«organe» du Félibrige, la prestigieuse revue Armana Provençau, mais aussi à la revue félibréenne «dissidente» Iou de Pascas (cf. Camproux 1971: 178seq.) –, il écrivit en occitan et en français. Plus tard, il milita dans l’Action française (AF), mouvement politique de l’extrême droite nationaliste monarchiste française, radicalement catholique, «dont il fut l’un des meilleurs et des plus fougueux orateurs dans le Midi» (Camproux 1971: 185). Son œuvre littéraire probablement la plus importante est Lou cants de l’aubo (Arnavielle 1868), «dont les 15 pages de préface constituent un manifeste en faveur de la langue cévenole et de son écriture mistralienne» (Gourgaud 2007: 10seq.). Cependant, la valeur littéraire de ses œuvres est assez limitée (cf. Camproux 1971: 185), son importance réside plutôt dans son action de propagation et d’organisation au sein du mouvement félibréen et surtout de diffusion de ses idées dans la région du Languedoc: «Roumieux, Arnavielle, Langlade, Paul Gaussen évangélisaient la région du Lez au Rhône et y suscitaient des vocations» (Jourdanne 1897: 92). Entre autres, il fut parmi les fondateurs de l’Escòla de la Tabò, groupe félibréen de la ville d’Alès (cf. Barsotti [s.d.]: 24).

Gegenbriefe

Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de trouver les pièces de correspondance que Schuchardt a probablement envoyées à Arnavielle.

Briefedition und Kommentare

Dans les matériaux manuscrits de Schuchardt conservés à la bibliothèque universitaire se trouvent seulement deux lettres datées du 7 (numéro d’archive 168) et du9 mai 1877 (numéro d’archive 169). La correspondance ne présente aucun point d’intérêt proprement scientifique, mais elle est le témoignage d’une anecdote de la vie de Schuchardt. Celui-ci fit la connaissance d’Arnavielle à l’occasion de son séjour en Occitanie pendant son voyage vers le Pays Basque (cf. Wolf 1993 : XVII, Richter 1928 : 240) cette année-là. Arnavielle fait donc part du « réseau occitan » de Schuchardt (cf. Melchior / Schwägerl-Melchior en prép. ; sur les contacts occitans de Schuchardt cf. aussi Swiggers 2010 : 223 note finale 7, Schwägerl-Melchior 2014a, 2014b, 2014c, 2014d, 2014e, 2014f).

La première lettre, en français et sur papier à lettres officiel du Félibrige, est signée par Arnavielle, mais elle a été écrite matériellement (et aussi signée) par Louis-Alphonse Roque-Ferrier (occitan Anfós Ròca-Ferrièr, Montpellier 1844-1907), linguiste et écrivain occitan, qui fut parmi les fondateurs de la Société des Langues Romanes et lui aussi Majoral du Félibrige, sur papier à lettres du Félibrige même, dont Roque-Ferrier était le secrétaire de la Maintenance languedocienne. Il s’agit de l’invitation à participer à une séance de (la) maintenance languedocienne du Félibrige en souvenir de Jacques 1er d’Aragon (1208-1276), roi d’Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, né dans cette dernière ville, qui aurait eu lieu le 30 de mai. Dans cette lettre, Schuchardt est appelé « Confrère ». Cependant, il n’a jusqu’à présent été possible de découvrir si Schuchardt adhéra au mouvement félibréen (cf. aussi Melchior / Schwägerl-Melchior en prép.).

La seconde lettre contient seulement une petite composition en vers occitans, dédiée par Arnavielle à Schuchardt, et sa traduction en français. Il s’agit d’une poésie d’occasion (Arnavielle 1887) que le littéraire occitan écrivit pour remercier le linguiste allemand, à l’occasion de son départ de Montpellier le 9 mai.[1] Celui-ci, le 6 mai, avait donné son salut aux Félibres en provençal pendant une Séance de la Société des langues romanes (cf. Melchior / Schwägerl-Melchior en prép.). La poésie fut publiée, avec quelques modifications, dans le journal Le Tablettes d’Alais du 21 mai 1887, suivie d’une réponse – elle aussi en vers provençaux – de Schuchardt (Schuchardt 1887), et accompagnée d’un bref article avec le titre « Un Félibre autrichien » ([s.a.] : 1887).[2]

Avec la lettre d’Arnavielle se conserve aussi une feuille volante, de la main de Schuchardt: il s’agit d’une première version (au crayon) de sa poésie en provençal, qu’il avait probablement envoyée à Arnavielle pour la faire corriger. Plusieurs passages du texte de Schuchardt ont été en effet corrigés et améliorés (à l’encre) par la main d’Arnavielle. Il est peut-être intéressant de noter que Schuchardt, le 13 mai, envoya son texte, avec les corrections de Arnavielle,[3] à Mistral, en le priant aussi de le corriger, ce que Mistral fit (cf. Melchior / Schwägerl-Melchior en prép., Karl 1933 : 56).

Les lettres son transcrites fidèlement selon l’original, sans aucune correction. Les passages soulignés dans les lettres sont transcrits en italique.

Bibliographie[4]

Arnavielle, Albert (1868). Lou Cants de l’Aubo. Poésies languedociennes avec la traduction française en regard. Nîmes: Roumieux et Cie.

Arnavielle, Albert (1880). La preièro de Murcìo a n’Emilio Castelar. Ais : Empremarié prouvençalo.

Arnavielle, Albert (1887). A moussu lou doutou Hugo Schuchardt, professou à l’universita de Graz (Austrio). Dans Les Tablettes d’Alais 21.5.1887 : [2].

Astruc, Louis (1887). Un ami. Dans Zou! 2.26 [1.6.1887] : [2].

Borsatti, Glaudi [sd]. Memoire du pays. Chroniques de Glaudi Barsotti dans La Marseillaise, URL http://www.amesclum.net/JBiblioteca.html#Point%201 (4.12.2014).

Camproux, Charles (1971). Histoire de la littérature occitane. Paris: Payot.

Gourgaud, Yves (2007). La littérature d’oc dans les cantons d'Alès (1841-1936). Alès: Éditions Aigo, URL http://projetbabel.org/aigovivo/litterature_oc_ales.pdf (4.12.2014).

Jourdanne, Gaston (1897). Histoire du Félibrige (1854-1896). Avignon: Roumanille.

Karl, Louis (1933). Correspondance de Frédéri Mistral avec Hugo Schuchardt. Dans Revue des Langues Romanes 67, 7 : 51–58.

Martin, Marc (2003). Louis Vergne, pionnier de l'organisation des métiers de la publicité. Dans Market Managemenet 3: 50–65.

Melchior, Luca & Verena Schwägerl-Melchior (en prép.). « Un félibre autrichien » – quelques remarques sur Hugo Schuchardt et l’Occitanie  avec une nouvelle édition de sa correspondance avec Fréderic Mistral.

Richter, Elise (1928). Hugo Schuchardt. 1842-1927. Dans Archiv für das Studium der Neueren Sprachen und Literaturen 83, 154 n.s. 54 : 224–258.

[s.a.] (1887). Un Félibre autrichien. Dans Les Tablettes d’Alais 21.5.1887 : [2].

[s.a.] (1888). Mounumen de Jaume lou Conquestaire. Dans Occitania : 107–108.

Schuchardt, Hugo (1887). Au félibre Albert Arnavielle, en responso à sa graciouso pouësío. Dans Les Tablettes d’Alais 21.5.1887 : [2] [Archiv/Breviernummer 198].

Schwägerl-Melchior, Verena (2014a). Die Korrespondenz zwischen Emile Cartailhac und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/1241 (19.12.2014).

Schwägerl-Melchior, Verena (2014b). Die Korrespondenz zwischen Gastan Caraigy und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/1012 (19.12.2014).

Schwägerl-Melchior, Verena (2014c). Die Korrespondenz zwischen Jean B. Brissaud und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/1309 (19.12.2014).

Schwägerl-Melchior, Verena (2014d). Die Korrespondenz zwischen Louis-Alphonse Roque-Ferrier und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/581 (19.12.2014).

Schwägerl-Melchior, Verena (2014e). Die Korrespondenz zwischen Mondry Beaudouin und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/2023 (19.12.2014).

Schwägerl-Melchior, Verena (2014f). Die Korrespondenz zwischen Paul-Jules Itier und Hugo Schuchardt. Dans Bernhard Hurch (éd), Hugo Schuchardt Archiv. URL http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/1114 (19.12.2014).

Swiggers, Pierre (2010). Affinités entre romanistes: lettres de Camille Chabaneau à Hugo Schuchardt. Dans Revue des Langues Romanes 114 : 217–228.

Wolf, Michaela (1993). Hugo Schuchardt Nachlaß. Schlüssel zum Nachlaß des Linguisten und Romanisten Hugo Schuchardt (1842-1927). Graz: Leykam.



[1] Dans la bibliothèque de l’université de Graz est conservé un exemplaire du poème La preièro de Murcìo (Arnavielle 1880), qu’Arnavielle offrit à cette occasion à Schuchardt avec la dédicace « A l’ilustre linguiste lou doutore Hugo Schuchardt, record d’un pichot felibre. AArnavielle Mount-Peliè, lou 9 de Mai de 1887. » (je remercie Verena Schwägerl-Melchior pour l’information).

[2] À la suite de cet article, le quotidien autrichien Die Presse (Vienne) aussi informa largement de l’accueillance réservée à Schuchardt dans le pays occitan (cf. Die Presse, 12 juin 1887, p. 13). La dedicace d'Arnavielle et la réponse de Schuchardt furent publiés, avec quelques petites modifications ("dóu" au lieu de "d’où" au vers 1, "An escampa" au lieu de "Van escampa" au vers 3, "óurientau" au lieu de "ourientau" au vers 4, "Ardènt" au lieu de "Ardent" au vers 5, "Prouvènço" au lieu de "Prouvenço" au vers 6, "avarido" au lieu de "avalido" au vers 7, "brès" au lieu de "bres" au vers 8, "óublido" au lieu de "oublido" au vers 44 et "dóu" au lieu de "dou" au vers 12), aussi dans le journal occitan Zou!  dans le cadre d'un article de Louis Astruc (1887) dedié au voyage de Schuchardt en terre occitane (je remercie Verena Schwägerl-Melchior pour l’information).

[3] Entre le texte revisé par Arnavielle et la version que Schuchardt envoya à Mistral en lui demandant de la corriger il y a quelques petites différences graphiques, cf. la note correspondante.

[4] La bibliographie comprend toutes les œuvres citées dans cette introduction et dans les commentaires aux deux lettres.