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Brief (115-03294)

Paris 7 Avril 99.

Cher Monsieur

1). Comme mon ami Rolland découpe en ce moment, pour ses travaux personnels, les dictionnaires de Trévoux[1] et de Furetière[2], je lui ai demandé de vous réserver les articles Bouille et Thie. Les voici sous ce pli.[3]

2). Je vous envoie mon portrait par ce courrier. Il date de Juillet 1895. Naturellement j’ai vieilli depuis lors, car je suis à l’âge où multa recedentes (anni) adimunt[4]. Je me suis mis à porter toute la barbe l’hiver, courte, il est vrai; mais comme elle est devenue blanche, elle me rend plus vieux que dans ce portrait.

3) Je vous envoie aussi une brochure de Lavisse[5] sur “la Question d’Alsace” que j’ai rencontrée l’autre jour en bouquinant et achetée pour vous l’offrir. Quoiqu’elle date de 1891, elle n’a pas encore perdu sa valeur ni son actualité. Vous y comprendrez deux choses: 1° qu’il y a pour les Français une question internationale qui prime toutes les autres (y compris vos questions autrichiennes) 2° que la “question d’Alsace” est, au moins inconsciemment, pour quelque chose dans le sentiment des Français à l’égard de la “question de Finlande”. Ils se représentent la Finlande comme une Alsace-Lorraine où les Russes jouent le rôle des Allemands. – Et cela en vertu de cette loi psychologique que l’on juge l’inconnu d’après le connu. |2|

4). La Schwärmerei humanitaire des Allemands est chose préhistorique: et l’âme de l’Allemagne n’est plus souabe, elle est prussienne. Je ne vois pas de sympathie allemande pour les Polonais.[6] La littérature, je me rappelle vaguement des vers de H. Heine sur Krapulinski et Schafskopfski,

Die Polen aus der Polackei![7]

En politique, je vois la persécution de l’élément polonais en Prusse depuis 1871. Et la proclamation d’Alexandre I aux Finlandais en 1809 à Borgå[8], a un pendant, la proclamation de Fred. Guill. III aux Habitants du Gd Duché de Posen[9] en 1815 ou 1816, dont Bismark a dit il y a 20 ans qu’il ne donnerait pas un liard!

5) C’est surtout pour vous êtes agréable que j’ai écrit mon article Le conflit[10] etc. ; mais je n’en ai pas éprouvé grande satisfaction, au moins d’avoir fait un article assez étendu pour être distribué en tirage à part. En France, je n’ai eu de compliments que de G. Paris, et on me reproche généralement (à ce propos et dans cet article) d’être “Allemand”. En Bohême, je vois par la Pensée Slave (notamment une note du dernier n°)[11] que je vais passer pour ennemi des Tchèques. Je ne le suis pas: mais je suis un modéré et un ami de la paix. D’autre part, je suis des mêmes regards et je considère du même point de vue, ce qui se passe en Belgique et ce qui se passe en Bohème. Si vous revenez sur ces questions dans la Beil. de l’Allg. Zeit.,[12] ayez donc au moins une phrase pour ces rédacteurs des Alldeutsche Blätter[13] et les autres publicistes Allemands qui approuvent et vantent chez les Flamands de Belgique les théories et les ambitions qu’ils condamnent si fort chez les Tchèques de Bohème. |3|

6). Je comprends qu’il vous déplaise d’écrire à Trieste pour savoir si on a bien reçu votre brochure. Je me charge volontiers de la commission – pour le jour où j’aurai de nouveau occasion d’écrire. J’ai écrit sur l’heure pour remercier de l’envoi des exemplaires.

7) Sauf incident local que j’ignore, je ne puis approuver l’expulsion de Loiseau.[14] Loiseau n’est pas un journaliste, envoyant à un grand journal des correspondances passionnées ou de fausses nouvelles par dépêche; c’est un écrivain politique, écrivant en termes mesurés sur des questions générales et sans attaquer les personnes.

8) J’espère qu’avant de distribuer des exemplaires de ma lettre[15], vous en avez corrigé les plus grosses fautes. Le § 3 de la col. 5 est à peu près incompréhensible sans ces corrections:

l  1. que au lieu de qu’a

l  5. barbare au singulier

l. 8. massacraient, au lieu de menaçaient.

9). Je désire éviter d’écrire une nouvelle lettre “ouverte” comme on dit en allemand à la Pensée Slave; mais je pense demander aux Ann. des  Sc. Polit. de reproduire ma lettre, quand je verrai quel aura été le cours de cette polémique, et si j’ai lieu d’ajouter un Post-Scriptum.[16] Si ma lettre est le point de départ d’une polémique à Gratz, veuillez m’envoyer les |4| journaux pour me tenir au courant. En ce qui concerne l’opinion de Jagić sur l’impénétrabilité des langues slaves aux Slaves eux-mêmes, j’aurai bientôt l’opinion de qq Slaves très polyglottes que je vois de temps à autre à Paris.[17]

10). Naturellement les journaux de ce genre sont passionnés et plus que passionnés. C’était le cas de la Gazette de Hongrie[18] (en français) qui se publiait à Bude Pest il y a une dizaine d’années; et, si j’en juge par un n° spécimen que j’ai eu il y a qq mois, c’est aujourd’hui le cas de la Revue d’Orient[19], en français, à Bude Pest. L’un et l’autre pour présenter les affaires de Hongrie du point de vue magyar.

C’est pour cette raison que la lecture des journaux politiques est souvent si irritante (ou si attristante, suivant le point de vue) pour les historiens et les philosophes.

11). A propos de Gobineau, est-ce que le livre de Pott sous le même titre (Die Ungleichheit etc.[20]) vaut encore la peine d’être lu, ou au moins consulté comme recueil de faits?

12). Le dernier n° des Alldeutsche Blätter donne un compte-rendu[21] assez analytique d’une récente brochure de Hochenburger[22], Neu-Babylon, que vous avez sans doute lue. On lui reproche là le manque de courage (dans le sens allemand).

À l’heure où je vous écris (vendredi 3h.) je n’ai pas reçu le Gothaer Tageblatt dont vous me parlez.[23]

Bien à vous

HGaidoz



[1] Der Dictionnaire de Trévoux wurde von 1704-1771 unter Leitung von Jesuiten in Trévoux, Nancy und Paris verfasst und herausgegeben. Es ist als ein französisches Nachschlagewerk, das die dictionnaires der beiden vorangehenden Jahrhunderte vereint, zu betrachten. In seiner Abhandlung [Archiv-/Breviernummer: 335] zitiert Schuchardt aus dem Dictionnaire de Trévoux und aus dem Furetière zu den genannten Sachwörtern (z.B. S. 39, S.122); ob er als Quelle die von Gaidoz übersandte Information verwendete, ist zwar nicht zu beweisen, aber als möglich anzusehen, denn wie er auf S. 122 schreibt: „Ueber Frankreich steht mir wenig zu Gebot, und fast nur aus zweiter Hand“.

[2] Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois, tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts von Antoine Furetière (1619-1688). Gegen den Willen der Académie française, aber durch Unterstützung von Ludwig XIV. gelang die Publikation seines Werkes 1690 postum.

[3] Diese Korrespondenzbeilage ist im Schuchardt-Nachlass scheinbar nicht erhalten.

[4] Horaz, De arte poetica,175f. : Multa ferunt anni venientes commoda secum, multa recedentes adimunt. „Viele Vorteile bringen uns kommende Jahre; doch scheidend rauben sie uns auch viel;“ Vgl. Quintus Horatius Flaccus: Satiren = Sermones, Briefe = Epistulae. Lateinisch/deutsch. Quintus Horatius Flaccus. Übers. von Gerd Herrmann, hrsg. von Gerhard Fink. Düsseldorf/Zürich: Artemis und Winkler 2000.

[5] Ernest Lavisse (1842-1922), frz. Historiker. Die Geschichte Frankreichs stand im Zentrum seiner Beschäftigung. Durch seine manuels übte Lavisse bedeutenden Einfluss auf den Geschichtsunterricht in französischen Schulen aus. Bei der angesprochenen Broschüre dürfte es sich um folgende handeln: La Question d'Alsace-Lorraine dans une âme d'Alsacien. (Paris: Colin, 1891).

[6] An dieser Stelle antwortet Gaidoz auf Schuchardts Brief vom 4. April 1899 (113-s.n.), in dem letzterer befindet: „Ja, die Deutschen sind ein schwärmerisches, träumerisches Volk gewesen, sie haben für alle andern Völker, für Griechen, Polen, Magyaren u.s.w. mehr geschwärmt als für sich selbst.“

[7] Crapülinski und Waschlapski, Polen aus der Polackey, Fochten für die Freyheit, gegen
Moskowiter-Tyranney
, sind Verse des Gedichts Zwey Ritter. Der ursprüngliche Titel lautete Zwei Polen, auch die Namen der Ritter, Eselinski und Schafskopfski, wurden von Heine in der Druckvorlage geändert. Es erschien erstmals 1851 in Heines Buch Romanzero (vgl. Francke, Renate. 2008. Gedichte 1845-1856. Kommentar, Volume 3, in: Heinrich Heine. Säkularausgabe – Werke, Briefwechsel, Lebenszeugnisse. Berlin: Akademie Verlag, hier 197).

[8] Finn. Porvoo. Hier wurde 1809 die erste finnische Reichtagsversammlung des russischen Großfürstentums Finnland unter dem Zaren Alexander I. abgehalten.  

[9] Posen, im heutigen Westpolen liegend, bildete von 1815-1920 eine Provinz bzw. ein Großherzogtum im preußischen Staat. Auf dem Wiener Kongress wurde beschlossen, dass die Provinz, welche während der napoleonischen Herrschaft zum Herzogtum Warschau gehörte, als Großherzogtum Posen zu Preußen kommt.

[10] Gaidoz, Henri. 1899.  Le conflit germano-tchèque. Paris: Alcan.

[11] Gaidoz verweist an dieser Stelle wohl auf die Nr. 12 der Pensée Slave vom 25. März 1899. In dieser Ausgabe ist ein Artikel von Dinko Politeo mit dem Titel "La situation en Autriche" enthalten, in welchem der Autor u.a. auf die positive Haltung der Franzosen gegenüber den Deutschen und Magyaren in der Habsburgermonarchie eingeht. Als Beispiele nennt er die „articles de M. Benoist (…) dans la ‚Revue des Deux Mondes‘ “ und Schuchardts französische Broschüre, wobei er bei dieser Gelegenheit Gaidoz‘ Sympathie für Schuchardts Broschüre Tchèques et Allemands … [Archiv-/Breviernummer: 324] betont und hinzufügt: „Ce qui nous étonne d’autant plus que M. Gaidoz suit avec une certaine sympathie le mouvement slave dans la monarchie“. Weiter unten schreibt er : „ (…) nous osons espérer que ces mêmes éminents hommes français, qui présentement comblent de joie les Allemands et les Magyars avec leurs sympathies, ne tarderons pas à se détromper (…)“.

[12] Eine Stellungnahme dazu von Schuchardt in der Beilage zur Allgemeinen Zeitung ist nicht bekannt.

[13] Publikationsorgan des Alldeutschen Verbandes, der als Nachfolger des Allgemeinen Deutschen Verbandes von 1894-1939 bestand. Die Interessen des Allg. Deutschen Verbandes waren kolonialpolitischer Natur. Die erste Ausgabe der Alldeutschen Blätter erschien 1894 und wurde gemeinsam mit der Auflösung des Alld. V. durch die Gestapo 1939 verboten. (Zur Geschichte des Verbandes vgl. Hering 2003: 110-162; zu Alld. Blätter zusätzlich S.182).

[14] Siehe Fußnote im Brief vom 4. April 1899, Schuchardt an Gaidoz (113-s.n.), wo Schuchardt den „Fall Loiseau“ anschneidet.

[15] Gaidoz weist auf den ersten und dritten Fehler in dieser Auflistung bereits im Brief vom 3. April 1899 (112-03292) hin.

[16] Der im Juli 1899 in den Ann. des Sc. Pol. veröffentlichte Artikel "Langues d’État et langues nationales" (die bearbeitete Version der lettre in der Pensée Slave) zeigt, dass Gaidoz ein „Post-Scriptum“ hinzufügen konnte.

[17] Am Ende des in der obigen Fußnote genannten Artikels erwähnt Gaidoz in einer Anmerkung namentlich zwei seiner kroatischen Schüler an der École Pratique des Hautes Études. Sie heißen: Étienne Radić und Louis Jelavić. Ob er an dieser Stelle jene beiden meint, ist fraglich.

[18] Die Gazette de Hongrie wurde 1880 in Budapest von Dénes Pázmándy (1848-1936), Politiker und Schriftsteller, gegründet. (Vgl. Eintrag des ÖBL 1815-1950, Bd. 7 (Lfg. 34, 1977), S. 380).

[19] Damit ist vermutlich die Revue de l’Orient gemeint, eine französischsprachige politische Zeitung, die 1886 gegründet wurde. Adolf Strausz (1853-1944), Ethnograph, Schriftsteller und Journalist, war einer ihrer Mitbegründer und Redakteure (vgl. ÖBL 1815-1950, Bd. 13 (Lfg. 62, 2010), S. 384). In der Oesterreichischen Buchhändler-Correspondenz  (Nr. 26) vom 26. Juni 1886 (S. 315, Sp. 2) wird das Erscheinen Revue de l’Orient in Budapest angekündigt: „Unter obigem Titel erscheint hier in Budapest seit dem 1. Mai d. J. ein französisches, politisches und volkswirtschaftliches Wochenblatt (…). Die Revue de l’Orient will der Intelligenz der Balkan-Völker als Central-Organ für den geistigen und politischen Ideen-Austausch dienen. Als Erscheinungsort wurde Budapest gewählt, weil Ungarn dem Orient am nächsten, jedoch ausserhalb jeder Bewegung, also auf neutralem Boden liegt.“ (Vgl. ANNO/Österreichische Nationalbibliothek: http://anno.onb.ac.at/cgi-content/annoshow?call=obc|18860626|7|100.0|0 16.6.2016).

[20] Pott, August Friedrich. 1856. Die Ungleichheit menschlicher Rassen hauptsächlich vom sprachwissenschaftlichen Standtpunkte, unter besonderer Berücksichtigung von des Grafen von Gobineau gleichnamigen Werke: mit einem Überblick über die Sprachverhältnisse der Völker, ein ethnologischer Versuch. Lemgo: Meyer.

[21] Dascompte-rendu“, dessen Verfasser Johannes Bollert ist, befindet sich im Bd. 9 der Alldeutschen Blätter (Mitteilungen des Alldeutschen Verbandes) und zwar in der Nr. 13 vom 26. März 1899. (Vgl. http://daten.digitale-sammlungen.de/bsb00077484/image_107 abgerufen am 7.4.2016.).

[22] Viktor Ritter von Hochenburger (1857-1918), österreichischer Politiker und von 1909 bis 1916 Justizminister Cisleithaniens. Die Broschüre erschien 1899 unter dem Titel Neu-Babylon: ein Beitrag zur politischen Zeitgeschichte. Wien: Verlag Deutschen Vereines.

[23] Im Brief vom 4. April 1899 (113-s.n.) kündigt Schuchardt die Sendung des Gothaer Tagesblattes aus dem Jahr 1849 an.