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Brief (08-01208)

Londres, 6, Norfolk Terrace, Bayswater W.,

le 22 Juin, 1887.[1]

   

Mon cher Mr. Schuchardt

 

J’ai saisi un moment de repis, qui me permet de me remuer un peu dans ma bibliothèque, pour vous préparer le paquet de mes opuscules qu’il m’est possible de vous offrir en témoignage de toute l’estime que je fais de vos talents philologiques. Le paquet part aujourd’hui même par la poste, et j’espère que vous le recevrez en bonne condition, mais je vous prierai, en tout cas, de vouloir bien m’en accuser réception le plus tôt possible. Outre mon Catalogue[2] et ses cinq suppléments, vous trouverez 24 opuscules tous numérotés d’après l’ordre de mon sixième supplément, non imprimé. La Carte lithographiée[3] j’ai bien craint de ne pouvoir vous l’offrir, mais enfin la voilà, et c’est bien la seule dont je puisse disposer. Quant à la carte en taille douce il y a impossibilité absolue. Je regrette que l’état de ma santé, et surtout de ma pauvre tête, ne me permette pas de vous écrire plus au long au sujet des sons basques dont vous me parlez. Je me borne donc à |2| vous assurer:

1°. Que mes oreilles ne saisissent aucune différence (appréciable du moins ou qui, selon moi, vaille la peine d’être indiqué phonétiquement,) entre le ch français et le ch basque. Quant au ś polonais je ne vois en lui qu’un s ordinaire mouillé qui est à s ce que l ordinaire est à la l ou l mouillé;

2°. Que le ch espagnol sonne č comme le ch basque d’Espagne, quoique le ch du basque de France sonne š, pour moi, comme le ch français;

3°. Que tch du basque français ne doit être considéré que comme un trigramme très-malheureusement choisi pour représenter le č ou ch espagnol;

4°. Ce dernier n’est nullement un t suivi d’un š, mais un véritable son simple où il n’entre ni t ni š, car il peut être continué jusqu’à perte d’haleine, sans que le son du commencement diffère de celui de la fin;

5°. Que le son du s basque français est un s ultrapalatal ou vélaire, tandis que le s du basque espagnol n’est que palatal.

Je regrette d’être obligé de |3| m’arrêter, mais vous êtes trop bon pour ne pas accepter ma bonne volonté.

 

Toujours vtre dévoué

L.-L. Bonaparte

 

P.S. Je remercie Mr. Goyetche du bon souvenir qu’il garde de ma visite à Sare.



[1] Dieser Brief ist in Schuchardt (1909), Brevier/HSA Nr. 580 S. 136-137 veröffentlicht.

[2] Bonaparte, Louis Lucien (1858). Catalogue des ouvrages de linguistique européenne édités par le Prince Louis-Lucien Bonaparte. London: Barclay.

[3] Bezieht sich wahrscheinlich auf Bonaparte, Louis Lucien (1869). Carte des sept provinces basques. Londres.