Senden hat offenbar funktioniert, aber es wird noch ein Bestätigungsmail verschickt, sobald die Änderungen angekommen sind.
Es hat etwas nicht funktioniert. Bitte den Inhalt in Word (o.Ä.) kopieren und per Mail schicken.

Brief (3-09944)

102. Avenue des Ternes. Paris XVII :

Le 12 novembre 1922

 

Mon cher Monsieur Schuchardt.

 

A propos d’un détail aussi insignifiant que agotz = huetza de Harff[1], je serais assez mal venu à avoir l’idée de parler d’un plagiat possible de votre part. Vous pourriez au contraire avoir souvent l’occasion de me reprocher de ne pas connaître tout ce que vous avez publié sur le basque, mais peu à peu, j’essaierai d’en tirer profit et de ne rien laisser d’inutilisé. Au point où j’en suis de mes études basques, vous êtes certainement le maître à qui je dois le plus et cela, malgré la difficulté que j’éprouve à lire vos travaux.

J’ai trouvé très suggestive la Grammaire comparée[2] de Van Eys ; alors même qu’il se trompe, il expose ses raisons avec tant de sincérité qu’il nous donne presque toujours le moyen de voir où se trouve la vérité. Je me suis ensuite initié à la langue de Detchepare avec Stempf,[3] et sans lui, que des difficultés n’aurais-je pas eu à le faire. Et maintenant, quel travail utile pourrais-je réaliser si je n’avais pas constamment sous les yeux le Verbe basque du Prince Bonaparte[4] et le Dictionnaire de Azkué.[5] Je dois vous avouer que la tournure d’esprit de Vinson m’a empêché(e) jusqu’ici de me mettre au courant de sa doctrine et cependant que de bonnes choses n’y aurait-il pas à glaner dans tous ces volumes de la Revue de linguistique !

Je vous avais annoncé que je ferai dans la Revue critique un compte rendu de votre Baskisches von Sara, mais après réflexion, je trouve que votre travail mérite davantage, et l’année prochaine, qui |2| sera la dernière de mon enseignement basque au Collège de France, je mettrai au programme le basque de Sare.[6] Nous expliquerons et commenterons les deux dialogues que vous avez publiés et je m’arrangerai pour avoir fait, au préalable, un court séjour à Sare.

Au congrès de Guernica, j’ai eu le plaisir de faire connaissance de Urtel,[7] avec lequel je suis entré tout de suite en relations très cordiales. M. Uhlenbeck[8] était là aussi, et M. Meyer-Lübke.[9] Actuellement, je suis toujours préoccupé de la légende de Roncevaux. M. Bédier croit qu’il y aurait eu là, de tout temps, le souvenir de Roland et de Charlemagne. [10] Mais nous ne sommes pas très sûrs qu’il y ait jamais eu une bataille à Roncevaux ; de plus, quelle importance pourrait avoir ce point perdu dans les Pyrénées avant le passage des pèlerins de Compostelle. Je croyais volontiers que ce sont eux qui ont d’abord contribué à la formation d’une légende, non de Roland, mais de Charlemagne à Ibañeta[11] (Crux Caroli, Vallis Caroli) et ensuite la légende de Roland aurait été localisée à Roncevaux à la fin du XIe siècle, pour des raisons que j’essaierai de déterminer.[12] Il est à remarquer que la Kaisers Chronik ne semble faire mention nulle part ni de Roland, ni de Roncevaux ; le Ruolandeslied, au contraire utilise, comme le texte d’Oxford, la légende de Roncevaux, récemment formée. On semble croire que Conrad est à la fois l’auteur du Lied et de la Chronik, mais est-ce là une chose bien assurée ?

Veuillez excuser ce bavardage, et je vous en prie, ne vous croyez pas obligé à y répondre. Je vous souhaite une santé toujours meilleure afin que longtemps encore vous puissiez diriger le département de la linguistique dans notre petite République basque

 

Très cordialement et bien affectueusement à vous.

J. Saroïhandy

[1] Arnold von Harff (1471-1505), ein deutscher Ritter, der auf seiner Pilgerreise nach Santiago de Compostela das Baskenland durchquerte. Die in sein Tagebuch eingetragenen baskischen Wörter verleihen von Harff Bedeutung für die Baskologie. Wie seinem Programm für das Jahr 1921 zum Unterricht am Collège de France zu entnehmen ist, widmete Saroïhandy von Harffs Einträgen die letzte Einheit dieses Unterrichtsjahres (vgl. Saroïhandy 1924: 603).

[2] Van Eys (1879).

[3] Victor Stempfs „Glossar zu Bernard Dechepare's Baskischen Poesien …“ erschien von 1887 bis 1893 mit 17 Einträgen in der Revue de Linguistique et de Philologie comparée.

[4] Bonaparte (1869).

[5] Azkue, Resurrección María de. 1905. Dictionnaire trilingue basque-espagnol-français. Bilbao : Selbstverlag. Erschien ebenso auf Baskisch und auf Spanisch.

[6] Vgl. Anmerkung 3 zu Brief (Lfd. Nr. 2-09943).

[7] Hermann Urtel (1873-1926) korrespondierte auch mit Schuchardt (12252-12313) im Zeitraum von 1909 bis 1925. Vgl. Hausmann, Frank-Rutger. 2016. 'Die Korrespondenz zwischen Hermann Urtel und Hugo Schuchardt'. In Bernhard Hurch (Hg.) (2007-). Hugo Schuchardt Archiv. Webedition verfügbar unter: http://schuchardt.uni-graz.at/korrespondenz/briefe/korrespondenzpartner/alle/1941, abgerufen am 28.9.2016.

[8] Der holländische Linguist und Anthropologe Christianus Cornelius Uhlenbeck (1866-1951) stand im Zeitraum von 1892-1926 mit Schuchardt in Briefkontakt (11908-11987).

[9] Wilhelm Meyer-Lübke, der sich besonders in seinen späteren Forschungsjahren mit dem Baskischen beschäftigte, stand in Briefkontakt mit Schuchardt. Die Briefe Meyer-Lübkes (07223-07293) an Schuchardt werden zurzeit bearbeitet.

[10] Joseph Bédier veröffentlichte 1921 eine édition critique der Chanson de Roland, es folgten 1922 La Chanson de Roland (d'après le manuscrit d'Oxford) und 1927 die Commentaires zur Chanson de Roland.

[11] Pass in den spanischen Pyrenäen, auch span. Puerto de Ibañeta, frz. Col de Roncevaux.

[12] Saroihandy äußerte sich bezüglich der Rolandslegende in Saroïhandy (1925b).