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Brief (10-00427)

Port-Louis, 14 Juillet 1883.

Mon cher Monsieur Schuchardt,

La dernière malle m’a porté votre carte postale du mois de Juin pour répondre à l’envoi du “Nouveau Mauricien” du 8 Avril. Vous me demandez quelques éclaircissements que voici:

“Je ne comprends pas bien, dites-vous, ein marmaille lé frère” id est ‘un enfant de chez les frères de la doctrine chrétienne’, chargés, dans le passé, sinon dans le présent, de l’instruction primaire à la Réunion.

Vié blanc vantard labas là lé bon pour marque dan’ papier (je crois qu’il y a un de trop.” mot à mot ‘Ce vieux blanc vantard de là bas là est bon pour écrire sur le papier...’ Le qui vous préoccupe est bien dans le génie de nos idiomes, il est particule purement confirmative; explétive, redondante par conséquent “Avla li la = le voilà; donne moi ca qui labas là = donne-moi celui qui est là bas.

donc vié blanc là = ce vieux blanc là et les mots intercalaires vantard làbas ne troublent pas l’analyse.

Je vous transcris: “Est-ce que vous m’avez pas reçu mes textes Seychellois que je vous ai fait envoyer par M. Mallac au mois de Décembre.” et plus bas, “Il y a quelque temps je priai M. Mallac de vous faire parvenir un article sur la littérature créole (Revue Critique) où j’ai fait un large emploi de vos renseignements.”

Hélas! mon cher Monsieur, je n’ai rien reçu de Mallac depuis de longs mois, qu’un mot où il s’excuse d’avoir égaré quelques manuscrits que je lui avais envoyés entre temps pour grossir jusqu’à la dimension d’un volume de ‘Récits Mauriciens’1 lequel doit être sous presse grâce aux bons soins de mon ami Lorédan Larchey2 de la Bibliothèque de l’Arsenal. Je vous aurais lu avec plaisir et profit comme d’ordinaire; et, vous ayant lu, je vous aurais répondu, je suis le plus consciencieux des correspondants. Que vos communications me parviennent directement, je vous prie; mon bon Mallac se dit fatigué, ennuyé, écœuré,

“Les choses d’ici-bas ne le regardent plus”3

C’est une crise, il a un fond de santé intellectuelle et morale qui prévaudra. En attendant, cher Monsieur, ne me laissez pas manquer de vos nouvelles,

Votre bien entièrement dévoué
C Baissac


[1] Baissac, Charles (1884b): Récits Créoles. Paris: Oudin.

[2] Loredan Larchey, französischer Autor, besuchte mit Baissac in Paris die Schule (vgl. Le Blanc 1893: LXXV).

[3] Im Folgenden kann der Briefaustausch zwischen Baissac und Schuchardt nicht mehr über Mallac erfolgen. Er übermittelte diesen letzten Brief und zwei Anhänge (einer davon die Fabel von Florian, im Nachlass unter der Nr. B. 11.21.1.2., vgl. den Brief Nr. 06827 von Mallac, datiert vom 9. September 1883). Damit bricht auch der Briefwechsel zwischen Mallac und Schuchardt 1883 ab.